Breaking Science démasque… la nouvelle mode du masque

Breaking Science démasque… la nouvelle mode du masque

Quel pif! As-tu vu la longueur du nez de ce masque ? Bizarre non ? Pourquoi un nez aussi long ? Pour se faire remarquer, pour être différent, pour mettre son costume en valeur ?

Toutes ces explications sont sans doute en partie bonnes… si on pense au carnaval. Mais aucune ne nous met sur la piste de l’origine de ce nez démesuré. En réalité, les masques à long bec de corbeau n’ont absolument rien à voir avec les festivités où l’on se déguise et où l’on porte un masque pour cacher sa véritable identité. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est du côté de la médecine qu’il faut mener l’enquête!

Et non, cela n’a rien à avoir avec les masques que les médecins et infirmières portent aujourd’hui dans les salles d’opération pour ne pas contaminer le patient. En fait, ces masques à long nez servaient surtout à protéger… les médecins eux-mêmes !

Des épices, du vinaigre et des herbes aromatiques comme désinfectants

D’où viennent -ils ? Pour le savoir, il faut remonter à une époque où certaines maladies contagieuses décimaient les populations en Europe. Comme la peste par exemple.

A cette époque, au 17e siècle, les vaccins n’existaient pas. Les antibiotiques non plus. Pour se protéger des microbes de la peste, il fallait donc trouver autre chose. On avait remarqué à l’époque que la maladie se propageait notamment par le sang. Lorsqu’on était piqué par une puce qui avait elle-même été contaminée en piquant avant cela un animal ou un être humain porteur de la bactérie de la peste, on risquait d’être malade à son tour. Dans certains cas, la maladie (pour sa forme pulmonaire) pouvait aussi être transmise par l’air, et donc par la respiration.

Voilà pourquoi en France, en 1619, Charles de Lorme, le médecin principal du roi Louis XIII, imagina un costume de protection pour les médecins. Pour lutter contre les piqûres de puces, il les habilla de vêtements en cuir de la tête aux pieds. Pour éviter qu’ils attrapent la maladie en la respirant, il mit au point un masque avec un nez gigantesque de 16 centimètres de long.

Le long nez, qui ressemble à un bec de corbeau, n’était percé que de deux petits trous à hauteur des narines du médecin, histoire de lui permettre de respirer. Mais surtout, le long bec était rempli d’éponges imbibées de parfums, de vinaigre ou d’herbes aromatiques censées neutraliser les microbes flottant dans l’air…

Cette « armure » contre la peste a été utilisée aux Pays-Bas en 1636 lors de la fameuse épidémie de Nimègue. Mais aussi à Rome et à Naples, en 1656. Ces deux épidémies de peste tuèrent 450.000 personnes à l’époque! Tu peux découvrir un tel masque, ainsi qu’un costume complet de « médecin de la peste » à l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, un musée situé à Lessines.

Mais sais-tu qu’aujourd’hui encore, les masques de protection sont couramment utilisés…. Y compris en Belgique ? Et que tu risques peut-être un jour toi aussi de les utiliser ?

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Aujourd’hui, les masques de protection sont très utilisés dans le monde professionnel. Par exemple dans les laboratoires de production de médicaments. Ici, c’est pour protéger les futurs médicaments d’une éventuelle contamination qu’on porte ce type de masque. Dans d’autres entreprises, où des substances toxiques risquent d’entrer en contact avec les travailleurs, des masques de protection, parfois même des masques à gaz, sont obligatoires.

Dans la vie de tous les jours aussi, dans le métro, le train, la rue, les magasins, on peut observer certaines personnes qui portent un masque. Il n’est pas équipé d’un long nez, bien sûr. Ces masques modernes ressemblent à ceux des chirurgiens. Ils sont destinés à ne pas contaminer les autres si on est contagieux, ou à ne pas être contaminé soi-même, si par exemple, on souffre d’un problème d’immunité.

Et même toi, tu risques d’être concerné un jour par le port d’un masque. Même sans être malade! Par exemple si tu fais du vélo dans un environnement particulièrement pollué.

On voit en effet de plus en plus de masques antipollution spécialement conçus pour les cyclistes. Il dispose d’un filtre qui permet de réduire les taux de polluants respirés, notamment les gaz d’échappement, les poussières, les pollens et les odeurs gênantes.

Pour être efficace, les filtres de ces masques, qui sont constitués de filtres au charbon actif ou électrostatique, doivent être remplacés régulièrement. Mais les masques les plus simples seraient déjà efficaces. Un simple tissu porté devant le bas du visage pourrait déjà réduire jusqu’à 20 % l’absorption de particules de poussière de trois microns de diamètre.

Vive les pistes… cyclables!

Et pour ceux qui ne portent pas de masque ? Pour réduire l’impact de la pollution sur tes poumons, d’autres pistes existent. Les pistes cyclables par exemple, séparées du trafic automobile.
Plusieurs études ont prouvé qu’emprunter les aménagements prévus pour cyclistes permet de diminuer le taux de particules inhalées. L’effet bénéfique de l’éloignement du flux d’automobiles se ressent déjà sur les aménagements cyclables (dans l’ordre de préférence : pistes cyclables, bandes bus/taxis, marquages au sol). Une étude menée à Paris montre qu’en moyenne, l’exposition à la pollution est deux fois moins élevée pour le cycliste sur une piste séparée que dans la circulation automobile et 30 % moins élevée dans les couloirs où seuls roulent les bus (et les vélos). Bonne route!

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