Des bactéries réparatrices

Des bactéries réparatrices

L’océan recèle de nombreux secrets. Et nous ne sommes pas prêts de tous les mettre au jour. En effet, selon les océanographes, 95 % des océans restent encore inexplorés. Fort heureusement, nous nous y consacrons pleinement : les océans continuent en effet à nous offrir de précieux trésors. Un institut français de recherche des mers et des océans a ainsi découvert un certain nombre de bactéries qui peuvent réparer notre squelette. Une nouvelle qui réjouit bien évidemment les médecins.

Des superbactéries issues des océans

Les profondeurs des mers abritent 90 % des bactéries. C’est précisément là que les scientifiques français ont trouvé ces bactéries intéressantes, juste à côté de volcans sous-marins. Il s’agit de volcans dont l’eau est localement très chaude et qui sont entourés par des eaux océaniques glacées. Les bactéries qui vivent là ne pourraient survivre ailleurs : elles mourraient immédiatement dans l’eau froide. Et inversement, d’autres animaux ne pourraient pas vivre là, au risque de se brûler. On trouve donc autour des volcans des écosystèmes et des micro-organismes uniques, tels que les bactéries utiles Polysaccharide d’Alteromonas infernus et Vibrio Diabolicus.

Les bactéries ne sont-elles donc pas à l’origine de maladies et d’empoisonnements alimentaires ? Il existe en effet des micro-organismes de ce type. Mais tous les microbes ne sont pas néfastes. Les bonnes bactéries trouvées par les scientifiques français produisent des molécules de sucre qui sont des copies conformes de certaines molécules de sucre dont notre squelette, notre cartilage et notre peau ont besoin pour se développer ou se réparer en cas de lésion, par exemple.

De la bactérie marine au tissu osseux 

Si ces bactéries produisent des molécules de sucre qui ressemblent tant aux molécules dont nous avons besoin, pourquoi ne pas les utiliser ? 

Bien pensé ! C’est en effet exactement ce que les scientifiques ont fait. Ils ont réduit les molécules de sucre en laboratoire et les ont transformées en hydrogel. Ce gel aqueux constitue un milieu idéal pour le développement des cellules humaines. Tout comme une serre chaude et humide l’est pour un plant de tomates, par exemple. Le gel imite tellement bien la structure molle de nos tissus osseux que les cellules humaines se multiplient et forment des os, du cartilage et d’autres tissus humains. Les médecins n’ont plus qu’à injecter ce gel là où il faut recréer de l’os (suite à un accident, une maladie ou une opération). Et la nature fait le reste.

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Comment cela fonctionne-t-il exactement ?

Pour savoir comment l’on obtient du tissu osseux à partir d’une bactérie sous-marine, nous devons nous pencher sur les molécules qui se cachent derrière la bactérie.

Les polysaccharides (ou molécules de sucre) produits par ces bonnes bactéries ont quasiment la même composition biologique et physico-chimique que les glycosaminoglycanes. Il s’agit de longues molécules de sucre qui forment le principal élément de nos tissus riches en collagène. Un mot compliqué pour désigner le squelette, le cartilage, les disques intervertébraux, les parois vasculaires, la peau, etc.

En réduisant les polysaccharides des bactéries océaniques et en remplaçant leurs atomes d’hydrogène par des sulfates, celles-ci ressemblent tout de suite bien plus à des molécules de sucre humaines. Et elles font ce que nos glycosaminoglycanes font : réagir au contact des protéines fournies par notre alimentation. Ensemble, elles créent de nouvelles cellules pour nos os.

Les scientifiques peuvent-ils également créer de l’hydrogel à partir de polysaccharides autres que ceux provenant des bactéries océaniques ?

Bien sûr. Avant de découvrir cette bactérie océanique, les scientifiques produisaient déjà de l’hydrogel à base de cellulose. Il s’agit d’un polysaccharide se trouvant dans le coton et le bois. Cet hydrogel n’est cependant pas aussi utile. Certes, les cellules humaines restent en vie mais elles ne se multiplient pas et ne se transforment donc pas en tissu osseux. Les polysaccharides des plantes ne se sont pas avérés de qualité suffisante pour permettre le développement des cellules. À la différence de nos bactéries océaniques.

Qu’est-ce que les médecins peuvent en faire ?

Pour les médecins et les chirurgiens, les possibilités offertes par l’hydrogel basé sur cette superbactérie sont extrêmement nombreuses. L’injection d’hydrogel là où le tissu osseux a été retiré lors d’une opération ou est mort en raison d’une maladie permet de le recréer. Imaginons qu’après une chute de vélo, vous vous retrouviez avec un genou broyé. Non seulement ce serait très douloureux, mais il est fort probable aussi que vous en seriez handicapé pendant très longtemps. Les perspectives sont désormais différentes. Les médecins sont en effet convaincus qu’ils peuvent faire repousser la rotule.

Il ne s’agit pas seulement de tissus osseux. Les nouvelles bactéries peuvent également faire pousser d’autres tissus humains. Comme un foie qui se recrée après le retrait d’une tumeur, par exemple. Ou un cœur qui se régénère après avoir été partiellement détruit par une crise cardiaque. La fabrication d’un nouveau pancréas fait également partie des possibilités.

Le saviez-vous ?

94 % des êtres vivants sur terre se trouvent dans l’eau mais selon des estimations, les deux tiers de ces êtres nous sont encore inconnus.

On a trouvé dans la mer du Nord des bactéries qui produisent de l’électricité et transportent des électrons dans les fonds marins. Avec leurs « racines », elles puisent l’énergie des composés sulfurés des fonds marins. Cette pile biologique a déjà permis aux scientifiques d’allumer une petite lampe en laboratoire.

Nous avons également découvert au fond des océans des écosystèmes uniques qui n’utilisent pas la photosynthèse et le soleil. Les sources d’eau sous-marines rejettent de l’eau froide et du méthane dans les mers. Ce gaz est nécessaire à la survie de certaines bactéries qui interagissent avec les moules qui vivent sur les rives de ces lacs sous-marins.

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