La vie après la mort existe! Du moins… Pour les gènes!

La vie après la mort existe! Du moins… Pour les gènes!

On ferme les yeux. Notre respiration s’arrête. Notre cœur cesse de battre. C’est ensuite au tour du système nerveux central de « bugger » définitivement. Tous les échanges dans nos cellules s’arrêtent. On est mort. La vie est terminée… Vraiment ?

Les chercheurs de l’université de Washington, aux États-Unis, viennent pourtant de découvrir qu’après la mort, certains gènes pouvaient revenir à la vie! Du moins chez les souris et les poissons-zèbres. La surprise est de taille, évidemment. Jusque-là, on pensait que les gènes cessaient toute activité quand les cellules et le corps mourraient. Un peu comme une voiture qui tombe en panne sèche. On ne s’attend pas à la voir avancer quatre jours plus tard grâce à ses essuie-glaces…

Résurrection cellulaire ?

Il semble pourtant bien aujourd’hui que certains gènes peuvent revenir à la vie après la mort. Lesquels ? Il s’agit de gènes utiles en cas d’urgence: ceux qui suppriment, quand nous sommes en vie, l’inflammation et qui stimulent le système immunitaire. Quand l’organisme décède, c’est comme si ces gènes voulaient essayer, encore une fois, de ramener à la vie les cellules mortes.

D’autres gènes par contre, qui se sont faits oublier pendant toutes notre vie, reprennent soudain eux aussi du service. Ils s’agit des gènes qui contrôlent le développement de l’embryon avant la naissance. Quand nous voyons le jour, ils s’éteignent, pour se rallumer à notre décès. Enfin… Au décès des souris et des poissons étudiés aux États-Unis, en tous cas!
Enfin, les cellules cancéreuses aussi sont concernées par ce phénomène de « résurrection génétique ». Et c’est ici que cela devient intéressant!

Greffes d’organes et risque de cancer

Mais pourquoi vouloir savoir à tout prix pourquoi des gènes reviennent à la vie quand un organisme complexe meurt ? « Nous pouvons en apprendre beaucoup sur la vie en étudiant les morts », répond le scientifique Peter Noble.

L’idée des chercheurs n’est bien entendu pas de tenter d’en savoir plus sur ces gènes pour ramener quelqu’un à la vie, mais bien d’utiliser ces connaissances pour préserver la vie. Même si leurs recherches se concentrent sur des souris et des poissons-zèbres, leurs résultats pourraient s’avérer utiles lors de greffes d’organes chez les êtres humains par exemple.

La recherche semble montrer que les cellules cancéreuses deviennent actives après la mort suite à la reprise d’activité de ces mystérieux gènes. Si cela se confirme, voilà qui pourrait expliquer pourquoi les gens qui viennent de recevoir un organe provenant d’une personne décédée sont plus susceptibles de développer ensuite un cancer.

Un nouvel outil pour la police scientifique

En connaissant mieux les séquences de « rallumage » de ces étranges « gènes zombies », les chercheurs peuvent également apporter à la police scientifique un nouvel outil pour résoudre leurs enquêtes criminelles. Il suffit alors aux « experts » d’observer la reprise d’activité de ces gènes sur un cadavre pour en déduire l’heure du crime…

Génial, non ? En effet! Mais pour l’instant toutefois, cela ne marche que sur les poissons-zèbres et des souris de laboratoire.

Regarde cette vidéo qui explique bien le phénomène des "gènes zombie" :

 

Tu veux en savoir plus ? Alors clique ici.

Des gènes qui se réactivent au décès… Mais de quoi parlons-nous exactement ? Et comment pouvons-nous déterminer qu’un gène soit à nouveau actif ?

Cellules, ADN, gènes… Petits rappels utiles

Dans chacune de vos cellules, on retrouve l’héritage génétique de vos parents. Cela remonte à votre conception… Ce matériel génétique prend la forme de chromosomes.

Ces chromosomes sont eux-mêmes fabriqués à base d’une longue molécule: l’ADN, un assemblage chimique de plusieurs particules.

Un gène est constitué d’un fragment, d’une section de cette longue molécule d’ADN. Et chaque gène dispose d’une information bien précise, d’une recette qui permet tout juste de fabriquer une protéine. 

Ce sont ces protéines qui à leur tour définissent toutes nos caractéristiques. Vous avez des yeux bruns? Vous pouvez enrouler votre langue en forme de petit tuyau ? Vous êtes plutôt grand ou plutôt petit ? Ce sont les gènes et leurs protéines qui le définissent. Avec aussi une certaine influence de votre environnement. Les scientifiques en débattent encore.

Comment le gène donne-t-il naissance à une protéine ?

Quand un gène est actif, il peut fabriquer une protéine, et donc aussi une nouvelle cellule. Comment fait-il concrètement ?

En gros, le gène est d’abord recopié, un peu comme si on repassait sur un dessin avec un crayon et un papier calque.  Cette copie est appelée « ARN messager ». En abrégé, on parle de mRNA (c’est en anglais). Cet mRNA est ensuite converti en une protéine. C’est avec ces protéines que nos cellules fabriquent ensuite plein d’éléments utiles.

En d’autres mots: au plus il y a d’ARN messagers dans nos cellules, au plus les gènes et l’ADN est « traduit » en protéines, et au plus la cellule est active.

Et que « cherchent » les chercheurs dans ce contexte ?

Les chercheurs veulent en réalité mettre au point une nouvelle technologie qui permette de mesurer l’activité des gènes. Pour cela, il regarde le nombre d’ARN messagers présents dans une cellule de souris ou de poisson-zèbre morts.

Ils s’attendaient à ce que ce nombre diminue avec le temps pour finalement disparaître. Pour la plupart des gènes, c’est ce qui se passe. Mais pour une centaine d’entre eux, c’est juste le contraire. Ils deviennent plus actifs. La quantité d’ARN messagers de ces gènes spécifiques monte en flèche après le décès. Et ce niveau reste élevé pendant au moins quatre jours, tandis que les ARN des gènes plus classiques diminuent au fil du temps, pour finalement disparaître complètement. SI la souris et le poisson-zèbre sont bien morts… En réalité, ils ne le sont donc pas tout à fait!

Voici une vidéo qui vous dit tout sur la cellule : 

 

Laisse un commentaire

Tu as des remarques ou des commentaires? Alors complète ce formulaire.

Vous voulez travailler dans la chimie et les sciences de la vie?