Le plastique. Ami ou ennemi ?

Le plastique. Ami ou ennemi ?

L’idée même de « plastique » vous glace les sangs ? Il vous vient d’emblée à l’esprit des images
de pétrole, de pollution, de réchauffement climatique et d’autres situations inquiétantes ?
Cela n’a rien d’étonnant tant les médias véhiculent de stéréotypes à propos des plastiques.
Mais curieux comme vous êtes, vous voulez approfondir le sujet et voir les faits tels qu’ils sont. On parie que ces quelques minutes d’attention vous convaincront que les plastiques constitueront à l’avenir beaucoup moins une menace qu’une solution à nos problèmes ?

Bruno Philippe, Manager chez Plastimobile, se rend chaque année dans les écoles avec pour mission de dissiper les malentendus et mettre fin aux débats stériles sur les plastiques. « Les plastiques sont devenus incontournables dans notre vie. On les retrouve non seulement dans les emballages mais également dans toutes sortes d’applications médicales, de matériaux sportifs, de voitures, d’avions, d’engins spatiaux, etc. 

Saviez-vous que le poids des chaussures de sport avait été divisé par deux grâce aux composants en plastique ? Ou que le Solar Impuls, l’avion fabriqué en matériaux composites, peut faire le tour du monde sans consommer la moindre goutte de kérozène. Ou encore que le tout dernier Boeing 787 Dreamliner est constitué à 50 % de plastiques et que cet appareil
consomme 20 % de carburant en moins qu’un avion traditionnel ? Tous ces faits indiquent à suffisance que les plastiques sont précisément ce dont nous avons besoin pour bâtir un avenir durable. »

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Changer l’état d’esprit pour moins de déchets de plastique

Mais il est indéniable que les plastiques sont également une source de pollution. Les petits films YouTube sur les tonnes de plastiques qui polluent nos océans dépeignent une situation bien réelle.
« Les déchets de plastique dans nos mers en disent long sur notre comportement humain. Ce ne sont pas les plastiques qui constituent le problème. Mais notre état d’esprit qui doit changer.
Heureusement, nous en prenons le chemin grâce à des initiatives comme celles de Slat Boyan. Ce jeune Néerlandais est le CEO d’Ocean Clean Up, un groupe de concepteurs créatifs qui développent des systèmes de pointe pour accélérer le processus de décomposition du plastique dans l’eau de mer. Ils veulent réduire ce processus à quelques années alors qu’il prend normalement des millénaires. Si cette initiative est prometteuse, elle ne doit pas nous empêcher de continuer à trier soigneusement le plastique et à le recycler. Nous réglons ainsi le problème à la source : éviter que le plastique n’atterrisse dans l’environnement. »

Recycler : ne le faisons-nous pas en collectant nos bouteilles en plastique dans des sacs bleus ? « Les chiffres montrent que la Belgique compte parmi les meilleurs élèves quand il s’agit de recycler. Mais nous pouvons encore faire mieux. Je pense à « Shelter », une belle intiative britannique. En quoi consiste-t-elle ? Ils collectent des tentes de festival et les recyclent en nouvelles tentes et sacs de couchage qui sont mis à disposition des camps de réfugiés. Des projets similaires existent aussi en Belgique (va voir la page Facebook de "After Festival Recup"). Ils montrent en tout cas comment des idées innovantes permettent d’utiliser le plastique de manière durable à des fins humanitaires. »

Plastiques dans les camps de réfugiés

Une belle idée mais ces matériaux recyclés dont sont faites ces tentes offrent-ils une protection suffisante contre toutes sortes de conditions météo extrêmes ? Il suffit d’effectuer quelques recherches à ce sujet pour découvrir que, selon l’environnement, différents types de plastiques sont utilisés. Après le tremblement de terre en Haïti en 2010, l’entreprise belge Alpinter a développé le concept RED (Rapid Emergency Done). C’est une tente faite de toile en polyéthylène, qui est un plastique. En optimisant sans cesse le processus de production, cette entreprise a réussi à augmenter considérablement les performances de cette matière. Résultat : aujourd’hui, avec la même quantité de matériau, on peut produire pour un camp de réfugiés le double de tentes par rapport à il y a quelques années.

Mais un camp de réfugiés ne se résume pas à un groupe de tentes où les gens se mettent à l’abri. C’est aussi un endroit où les gens vivent, les enfants vont à l’école et les malades sont soignés. Les hôpitaux et écoles modules qu’on y trouve sont fabriqués en PVC d’une grande solidité. Détail non négligeable : ce plastique résiste aux températures extrêmes, aux rayons UV intenses, aux vents violents et aux fortes pluies. Qui plus est, ce matériau est également ignifugeant en cas d’incendie.

Saviez-vous qu’il existe aussi des draps en plastique ? Ils ne sont sans doute pas aussi douillets que des draps en coton mais ils sont super efficients et offrent l’avantage de résister à l’eau. Précisément ce qu’il faut dans les conditions d’un camp de réfugiés. Après de fortes pluies durant la mousson, on aspire surtout
à dormir la nuit dans des draps secs.

Comme vous le voyez, les plastiques jouent un rôle crucial dans un camp de réfugiés. Ils se révèlent également très utiles sur le plan de l’approvisionnement en eau potable. Pour des millions de femmes, un des plus grands défis est de fournir chaque jour à leur famille de l’eau potable en suffisance. Or, il existe des réservoirs en plastique qui contribuent à les soulager au quotidien.

Ainsi, il est possible d’installer des réservoirs en PVC permettant de stocker quelque 500 mètres cubes d’eau. Citons encore cette appareil de filtrage, fait en polyéthylène, qui permet de purifier soi-même de l’eau polluée. Ce ne sont là que quelques exemples mais ils démontrent quelque chose d'incontestable : les plastiques contribuent, non pas à dégrader, mais à
améliorer les conditions de vie pour autant qu’ils soient utilisés conformément à leur affectation originale.

Réfléchir plus intelligemment pour l’avenir

Bruno Philip va encore un pas plus loin. « Si nous voulons créer un meilleur monde, nous devrons produire et recycler plus de plastiques et surtout sensibiliser les gens à utiliser ces matériaux de manière plus durable. Si vous n’en êtes pas encore convaincu(e), lisez donc le livre « The world in 2030 ». L’auteur, Ray Hammond, y décrit les défis gigantesques qui nous attendent et les manières de les relever. Non pas en revenant en arrière mais en gérant plus intelligemment les matériaux et les progrès conceptuels que nous avons déjà réalisés à leur propos.
Un exemple qui me vient d’emblée à l’esprit est celui des vélos Muzzi. Ce Brésilien a eu l'idée de transformer en vélos les bouteilles en plastique utilisées. Ce type de réflexion et de réalisation est précisément ce dont nous avons besoin. Avec cet état d’esprit, le champ des possibles est à nouveau sans limite. Le site www.werecycle.be vous donne d’ores et déjà le bon exemple. »

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