Les cyborgs sont déjà parmi nous!

Les cyborgs sont déjà parmi nous!

On les appelle des cyborgs. Ce sont des créatures mi-humaines, mi-machines… L’électronique vient compléter leur corps défaillant, parfois leur propre système nerveux ou même leur cerveau! Les films hollywoodiens comme Superwoman, Robocop, I Robot nous les présentent comme des surhommes. Ils peuvent être soit « gentils », soit « méchants ». Alors, les cyborgs: fiction ou réalité?

La réponse se trouve (en partie) à Liège. À l’exposition « J’aurai 20 ans en 2030 » qui s’intéresse entre autres à « l’être humain augmenté ». Hé, oui! Les cyborgs sont déjà parmi nous! Mais attention, ils n’ont pas grand-chose à voir avec les héros de cinéma. Chez nous, ils passent même quasi inaperçus. Ces êtres humains augmentés bénéficient des derniers progrès de la science. Des progrès fantastiques, mais pas vraiment « hollywoodiens ».

Dans un parc, le métro, le train, dans la rue…

De quoi parle-t-on exactement quand on évoque les cyborgs? Ce nom est un mot d’origine anglaise qui provient de la contraction des mots « cybernetic » et « organism» (organisme cybernétique). La cybernétique, c’est la science des mécanismes autonomes, des machines qui se contrôlent elles-mêmes. Concrètement, la cybernétique fait plutôt référence aux robots, aux machines artificielles intelligentes. Et quand on couple cette cybernétique à un organisme vivant, par exemple un être humain, cela donne un cyborg.

Faut-il en avoir peur?

En fait, on est entourés par des cyborgs! Cette personne que tu croises dans la rue et qui marche avec difficulté a peut-être une jambe artificielle. Ou cet homme assis sur un banc qui est plongé dans son livre… Il a peut-être un stimulateur cardiaque qui régule les battements de son coeur. Et cet autre passant qui semble avoir comme un boitier électronique greffé sur le côté du crâne. C’est une personne sourde qui porte un implant cochléaire. Ce dispositif électronique se compose d’électrodes insérées dans son crâne et qui stimulent directement les terminaisons nerveuses de son oreille interne en fonction des sons captés à l’extérieur. En stimulant ces terminaisons nerveuses situées dans la cochlée, cet implant lui permet d’entendre.

On est loin de Robocop, pas vrai? Mais ici, ce n’est pas du cinéma. Toutes ces personnes pourraient être considérées comme des « cyborgs 1.0 ».

Tu veux en savoir plus ? Alors clique ici.

« Cyborgs 2.0 »

La prochaine génération de cyborgs est aujourd’hui en préparation! Les laboratoires spécialisés travaillent à la mise au point de plusieurs dispositifs capables de rendre certaines fonctions à une personne qui les a perdues.

Le plus spectaculaire, ces derniers temps, c’est l’exemple de Les Baugh, aux États-Unis.
Cet homme avait perdu ses deux bras dans un accident, il y a 40 ans. Les chercheurs du laboratoire de physique appliquée de l’Université Johns Hopkins ont réussi à lui en fabriquer deux nouveaux. Ces bras sont des bras robotiques qui sont attachés à son corps au niveau de l’épaule. Ils se terminent chacun par une main robotique, articulée elle aussi. Mais le plus extraordinaire, c’est que Les Baugh peut les contrôler... par la pensée. Comment est-ce possible? Cet Américain a subi une opération de réactivation de ses nerfs blessés qui contrôlaient anciennement ses bras et ses mains. Ils ont été connectés à sa prothèse. C’est ici que se situe l’exploit technologique. Et cela fonctionne! Bien sûr, une rééducation est nécessaire. Mais pour Les, qui n’avait plus pu prendre un objet en main depuis des dizaines d’années, c’est un véritable miracle... cybernétique!

D’autres technologies intégrées à l’être humain sont en train d’être mises au point dans les laboratoires. C’est le cas de la rétine artificielle. Cette caméra électronique placée dans l’oeil d’une personne malvoyante peut lui rendre la vue... Si la connexion avec son cerveau, via le nerf optique, est possible, bien entendu!

Et quelqu’un qui a une puce électronique dans le cerveau, est-ce aussi un cyborg? Le but de cet implant n’est bien entendu pas de « télécommander » cette personne. Ce genre de dispositif sert surtout à soigner des patients souffrant de troubles neurologiques. Les implants cérébraux, aussi appelés stimulateurs cérébraux (comme les stimulateurs cardiaques dont on parlait au début de l’article) peuvent aider à bloquer des crises d’épilepsie, à lutter contre la dépression ou encore à rendre une certaine mobilité à des personnes paralysées.

Des prothèses et des exosquelettes

La question des exosquelettes est légèrement différente. Ces squelettes extérieurs au corps, et dans lequel on se glisse, ne sont pas vraiment contrôlés par la pensée. Il s’agit plutôt de dispositifs qui amplifient les mouvements d’une personne moins valide. Leur but: augmenter ses capacités. Par exemple en lui fournissant plus de force pour porter des objets très lourds.

Ils répondent à nos débuts de mouvements grâce à des capteurs. Un système informatique analyse les informations venues de ses capteurs et commande ensuite les moteurs de l’exosquelette. Mais pas question de sauter par dessus une maison avec ces dispositifs. Leur but est plutôt d’assister des personnes qui travaillent dans des environnements difficiles, ou des patients qui ont perdu l’efficacité de leurs muscles.

Attention aux hackers!

Les cyborgs sont donc vraiment parmi nous. Et ils le seront sans doute de plus en plus à l’avenir. Si toutefois nous réussissons à régler deux « petits » problèmes techniques... Celui de l’énergie et celui de la sécurité!

Tous ces dispositifs ont besoin d’énergie pour fonctionner. Généralement, il s’agit d’électricité pour capter les signaux, les analyser, les amplifier et ensuite commander le fonctionnement de différents dispositifs. Pas question pour un cyborg 3.0 de rester branché toute la journée sur la prise de courant de la cuisine...  Il y a donc encore quelques défis à relever pour concentrer l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des cyborgs dans des batteries pratiques et transportables.

À Liège, l’exposition « J’aurai 20 ans en 2030 » a pour fil conducteur « l’Homme du futur ». Mais elle ne se limite pas aux évolutions de son enveloppe charnelle. Son futur environnement et son futur quotidien occupent plusieurs salles. Il est question de notre mobilité du futur: roulerons-nous tous en vélo électrique géolocalisé et en métro ou en train sans conducteur? À quoi ressembleront les villes intelligentes?

Ce qui est certain, c’est que tout sera interconnecté. Y compris les êtres humains augmentés de demain. Avec comme autre problème à régler, celui du piratage électronique. Imagine que les programmes qui commandent des bras cybernétiques, un coeur artificiel ou une rétine artificielle soient piratés !!!

 

Laisse un commentaire

Tu as des remarques ou des commentaires? Alors complète ce formulaire.

Vous voulez travailler dans la chimie et les sciences de la vie?