Quand la chimie fait des étincelles!

Quand la chimie fait des étincelles!

Ooh la belle bleue! Woaww quelle splendide final rouge et doré ! Le 21 juillet, à l’occasion de la Fête nationale belge, ou encore lors du passage à la nouvelle année (et on y est bientôt), les amateurs de feux d’artifice ne se lassent pas de s’émerveiller devant le spectacle que leur ont concocté les artificiers.

Le nez en l’air, leurs yeux brillent quand une fusée éclate en une splendide gerbe colorée. Ils sont surpris par les « fontaines lumineuses », les soleils tournoyants, les comètes, les bombes sifflantes qui éclatent en panaches multicolores.

L’histoire nous apprend que ce sont les Chinois qui ont été les premiers à créer des « flèches lumineuses », il y a plus de mille ans. Des flèches propulsées par la combustion de « poudre noire »: un mélange de charbon de bois, de salpêtre (nitrate de potassium) et de soufre.

« Nous n’utilisons plus de fusées », explique M. Van Cleemput, un des maîtres-artificiers belges les plus connus. Dans sa famille, on est maître-artificier depuis plus de 100 ans. Et son savoir-faire est visible très régulièrement. C’est lui qui orchestre chaque année le feu d’artifice du 21 juillet tiré en plein cœur de Bruxelles!

« Les fusées sont trop imprévisibles », explique-t-il. « Elles sont sensibles au vent et à la pluie. Elles ont besoin d’une tige de bois pour être lancées. Cette tige retombe ensuite on ne sait pas vraiment où. C’est dangereux. Surtout en ville ».

Les trois phases du vol de la pièce pyrotechnique

L’outil préféré du maître-artificier belge, c’est le mortier: une sorte de canon qui tire des bombes lumineuses.

« Pour la propulsion, nous utilisons toujours une variante de la poudre noire », explique-t-il. « La mise à feu se fait généralement de manière électrique pour les grands spectacles. C’est plus facile pour la coordination des effets lumineux et pour être bien en phase avec la musique choisie. Les feux d’artifice ne sont pas de simples effets lumineux, ce sont des spectacles pyrotechniques complets, avec des « sons » et des « lumières » qu’il faut parfaitement synchroniser. Mais pour certains spectacles moins ambitieux et moins complexes, on allume encore les feux manuellement », précise-t-il. « Il faut être très prudents! »

Une fois lancée, la bombe doit éclater au moment voulu. Cela se détermine en fonction de la compression de la poudre. En variant ce taux de compression, la bombe met plus ou moins de temps à éclater. Enfin, lorsque cela se produit, le contenu de la bombe assure la dernière phase du spectacle. « On ajoute des billes composées de divers produits chimiques pour générer des étoiles brillantes. Leur enrobage permet d’obtenir divers effets, comme le grésillement. Et bien sûr, pour générer les diverses couleurs recherchées,nous utilisons diverses recettes! », précise le spécialiste belge.

Chaque couleur se base sur un ou plusieurs éléments

Les couleurs dépendent donc de la composition chimique des pièces pyrotechniques. Ici, les recettes sont bien connues. Voici les principaux composés métalliques utilisés par les artificiers pour nous en faire voir de toutes les couleurs:

  • Rouge: strontium
  • Orange: calcium
  • Violet : potassium
  • Bleu : cuivre ou zinc
  • Vert : baryum
  • Argenté : titane
  • Doré: fer
  • Blanc : magnésium ou aluminium (qui génère aussi des « étincelles »)

Le test du sel de cuisine

Et pour créer des effets lumineux plutôt jaunes?  Les artificiers utilisent du sodium. Pour vérifier cette dernière « recette », il suffit de se rendre dans votre cuisine. Quand on laisse tomber quelques grains de sel sur la flamme d’une cuisinière, le feu prend brièvement une couleur jaune. Logique! Le sel de cuisine n’est autre que du chlorure… de sodium.

Un feu d’artifice dans votre salon

En attendant les feux d’artifice du Nouvel An, ou celui du 21 juillet prochain, voici déjà une vidéo qui vous en mettra plein les yeux. Il s’agit du feu d’artifice, pardon, du « spectacle pyrotechnique » qui a remporté le premier prix lors du 35e Festival d’Art pyrotechnique de Cannes, en France, l’été dernier. Une rencontre internationale qui a déjà été remportée dans la passé par les maîtres-artificiers Van Cleemput!

Ce festival international a été créé dans le but de promouvoir les grands spectacles pyromusicaux. Ces spectacles sont traditionnellement tirés depuis la mer, au départ de barges ancrées à 400 mètres du rivage. Aux effets lumineux aériens viennent s’ajouter la réflexion des feux dans la mer. C’est splendide!

Le spectacle lauréat de la « Vestale d’Argent » de la dernière édition, le nom du premier prix de cette compétition, s’intitule  « Jupiter » et a été mis au point en Argentine. Il a ébloui les spectateurs.

Toutefois, c’est « Pyrotex Fireworx » qui a remporté le prix du public. Ce show anglais a pour sa part illuminé la baie de Cannes pendant près de 25 minutes.

La pyrotechnie

Le mot pyrotechnie vient du grec ancien: pyros qui signifie « feu » et technie  qui veut dire métier ou art. Plus techniquement, la pyrotechnie est la science de la combustion des matériaux, sans participation de l'oxygène de l’air.

 

Laisse un commentaire

Tu as des remarques ou des commentaires? Alors complète ce formulaire.