Quels voeux formuler à un chercheur pour cette nouvelle année?

Quels voeux formuler à un chercheur pour cette nouvelle année?

Tout le monde connaît l’histoire de Newton et de la chute d’une pomme qui lui aurait brusquement ouvert les yeux sur la gravitation universelle. Ou encore celle d’Archimède qui, plongé dans son bain, s’écria «Eurêka» et découvrit ainsi le fameux principe qui porte son nom. Ce sont évidemment des légendes mais qui illustrent bien que la part de l’imagination et de l ’intuition dans le monde des sciences et des découvertes est bien réelle. Et, en cette période de bonnes résolutions de début d’année, que pourrait se souhaiter un chercheur à lui-même  ? Trouver ce qu’il cherche ou, pourquoi pas, ce qu’il… ne cherche pas  ? Pour cela, il faut croire ce que disait Albert Einstein, pour qui «l’imagination est le vrai terrain de germination scientifique». Il croise là, comme dans un miroir, le poète Charles Baudelaire pour qui «l’imagination est la plus scientifique des facultés». Mais ce n’est pas la seule. Il y a aussi la curiosité, l’habileté, l’intuition, le savoir-faire, la compréhension, le hasard et surtout, la volonté de poursuivre. Comprendre les mystères de la nature et faire des découvertes sont autant les conséquences d’une lente gestion d’idées et de techniques que d’éclairs fulgurants de compréhension ou de traits de génie impossibles à relier rationnellement à des situations. On trouve parfois ce que l’on cherchait, parfois pas, et parfois… on trouve ce que l’on ne cherchait pas. Encore faut-il ne pas passer à côté !


Le hasard fait bien les choses

Car l’histoire des sciences et des techniques est riche en découvertes que l’on dit faites par hasard ou par accident. On cite volontiers le cas d’Alexandre Fleming qui, au retour de vacances, constata que certaines des cultures de bactéries qu’il avait laissées dans un placard étaient envahies par une substance bizarre, laquelle avait arrêté leur croissance. Et plutôt que de jeter les boîtes contaminées en se disant «zut alors», il creusa l’accident et découvrit le premier antibiotique, la pénicilline, issue d’un champignon. Autre exemple, la découverte du procédé de vulcanisation du caoutchouc par Charles Goodyear qui laissa traîner fortuitement un pot de sève d’hévéa sur un poêle et découvrit ainsi le pneumatique. Même cas de figure pour le Teflon, la cellophane, le four à micro-ondes, les quasars, le Velcro et tant d’autres. Mais, à bien examiner les circonstances de ces découvertes, on voit que le hasard ou l’accident ne sont pas suffisants, même s’ils sont nécessaires. Et que la prétendue chance de ces découvreurs est en fait une capacité à découvrir, à inventer, à créer ce à quoi on ne s’attendait pas.
Le bactériologiste anglais Alexandre Fleming avait découvert un matin que ses cultures de staphylocoques (les bactéries que l'on trouve généralement dans le pus) qui étaient restées sur une paillasse tout un week-end, étaient contaminées par un agent bactéricide. En effet, de petits cercles clairs apparaissaient dans les boîtes de culture, signe que les staphylocoques avaient été détruits. Fleming rechercha la cause de ce phénomène et découvrit qu'il était dû à une moisissure de pain, Penicillium notatum, celle-ci produisant une substance qu'il appela pénicilline et qui avait un effet létal sur les microbes. Ce résultat, publié en 1929, n'attira pas l'attention… mais l'attribution du prix Nobel de médecine et de physiologie en 1945 !

Mais peu importe le résultat, une invention ou un échec, le chemin du chercheur est le plus souvent parsemé d’essais et surtout d’erreurs. Se tromper est indispensable pour la science tant il est vrai que «la recherche scientifique est essentiellement un monument à la gloire de l’erreur», qui procède par hypothèses, vérifications et théories ne tenant que le temps d’être démenties. Il faut aussi accepter de nous tromper, l’admettre pour mieux approcher la vérité et apprendre à éviter de futures bourdes.
Arrêtez les «oui mais…», ou les «j’avais presque juste» et les «c’est ta faute», et essayez de dire tout simplement «Je me suis trompé». Ensuite… savourez !


La recherche scientifique et le développement de médicaments ne sont pas des «business» tout à fait comme les autres: l’échec devrait y être une force motrice et l’ignorance une vertu supérieure.
« La science s’intéresse à ce que nous ne savons pas. Or, qu’est-ce qui pousse la science en avant  ? L’échec, car il nous permet de sonder les profondeurs de notre ignorance», poursuit-il. Dans un laboratoire de recherche, une expérience qui rate, c’est une hypothèse invalidée, donc une réponse à la question que se posait l’expérimentateur. D’aucuns préfèrent d’ailleurs nommer cela un «résultat négatif». Simple ruse de vocabulaire  ? «Seuls les scientifiques comprennent la valeur de l’échec. Elle n’est jamais enseignée à l’école, ce qui donne à la plupart des gens une image déformée de la science. Mais on tire souvent bien plus de leçons d’une erreur que d’un résultat d’expérience concluant, et l’échec est la source des plus grandes découvertes  ! Trouver ne permet finalement qu’une chose: créer de nouveaux champs d’ignorance, que les scientifiques cultiveront avec bonheur», affirme Stuart Firestein.

Source : Athena

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